
Des apprentis chercheurs du Club Nature “Kapel’EDD” sur les traces de la grande faune de la réserve naturelle régionale Trésor…
A Roura, la réserve naturelle régionale Trésor est un vrai trésor de biodiversité en Guyane. Forêts, marais et savanes abritent en effet une multitude d’espèces végétales, animales et mycologiques.

Une trentaine d’élèves de diverses classes (de la 6e à la 4e) du collège Paul Kapel ont été invités à s’approprier de nouvelles connaissances sur le patrimoine naturel de leur territoire, dans le cadre d’une éducation de qualité, tout en les sensibilisant aux suivis scientifiques ayant pour objectif de préserver la faune et la flore des milieux naturels terrestres, dans un contexte où les activités humaines conduisent à un changement climatique.

Dans le cadre du suivi de la grande faune, pour observer et quantifier les espèces animales présentes, les chercheurs utilisent différentes méthodes s’appuyant sur des protocoles scientifiques rigoureux, tels que des Indices Kilométriques d’Abondance (IKA) et les pièges photographiques qui permettent de repérer une faune discrète.
Les élèves ont manifesté un vif intérêt à passer à l’action, mais au préalable, il était d’abord question de se former sur la reconnaissance d’espèces animales inventoriées dans le périmètre de la réserve.
Une première séance préparatoire conduite en classe leur a ainsi permis d’identifier certaines d’entre elles, à l’aide de photos, d’enregistrements bioacoustiques ou encore de leurs empreintes à l’aide de clés de détermination.
La deuxième séance de travail, se déroulant cette fois-ci sur le terrain, nos élèves apprentis chercheurs ont été enfin prêts à expérimenter deux méthodes d’inventaire dans la réserve naturelle Trésor :
• méthode 1 : mise en oeuvre du protocole scientifique IKA (Indice Kilométrique d’Abondance). Des relevés d’informations ont été réalisés sur le terrain, pour repérer des espèces factices de la grande faune guyanaise, dont les silhouette avaient été préalablement dissimulées par les animateurs de la réserve : le saïmiri, le tamarin à mains dorées, l’agami, le coati, le singe hurleur, le paresseux à trois doigts, le pécari à lèvres blanches, le chat margay, la tortue charbonnière, le puma, la biche rouge et l’agouti …

Mais le plus important était de suivre le protocole scientifique à la lettre, pour que les données soient fiables, exploitables et comparables, quelque soit l’observateur impliqué : marcher lentement, relever la présence des espèces présentes, le nombre d’individus, estimer la distance d’observation, indiquer le point "kilométrique" de chacune des observations, donner des indications sur la météo, etc.

Pour avoir des résultats fiables, il faut prendre le temps de bien observer son environnement, car dans le cas contraire, nombreuses sont les espèces qui ne sont pas repérées ou dont les individus sont mal dénombrés. Il ne faut pas non plus oublier les intempéries qui peuvent contraindre le chercheur à interrompre ses investigations.


Toutes les observations ont été précieusement consignées sur une fiche, en vue de l’exploitation des données.


• Méthode 2 : utilisation de pièges photographiques, comme de vrais naturalistes. Cette activité qui leur a été présentée de manière ludique leur a permis de mieux comprendre le travail de terrain et de développer leur curiosité pour la faune guyanaise.

Lors d’une troisième séance visant à exploiter des données en classe, les photos et les vidéos réalisées dans le cadre d’un photo piégeage ont permis de déterminer les différentes espèces "capturées", de comprendre dans quelle mesure cette méthode permet de procéder à un suivi individualisé à l’aide de caractéristiques physiques relevées avec précision (ex. : taches des jaguars spécifiques à chacun des individus telles des empreintes digitales) et d’avoir de nouvelles informations sur leur comportement, notamment pour déterminer s’il s’agit d’espèces diurnes ou nocturnes, en ayant pris soin de relever et organisées des données.


Après avoir testé cette méthode, les élèves ont eu l’agréable surprise de voir que ces pièges photographiques ne les avaient pas épargnés, puisqu’ils avaient eux-mêmes été filmés…

Crédits photos © : Muriele NUGENT (Référente EDD d’éatblissement)
Enfin, dans le cadre de ce projet pluridisciplinaire, une dernière activité a permis aux élèves de mener une réflexion sur l’impact de la chasse sur les populations animales, à la suite du traitement de données chiffrées organisées dans un tableau à double entrée et nécessitant de faire des calculs de moyennes.
Cette expérience a le mérite de permettre aux élèves de mesurer la nécessité d’un suivi scientifique rigoureux de la biodiversité, notamment dans un contexte où le changement climatique peut impacter la biodiversité, en conduisant à la disparition de certaines espèces.
Les animations, sorties et ateliers proposés par la réserve naturelle Trésor, dans le cadre de l’appel à candidature "Lékol Dan Bwa" visent à sensibiliser et éduquer nos élèves, en leur permettant de découvrir, s’approprier et respecter leur patrimoine naturel commun, tout en envisageant de s’orienter vers un métier de gestion et de protection de l’environnement, afin de s’engager activement dans la préservation de la biodiversité.
Notre CDI dispose du livret pédagogique de la réserve naturelle Trésor présentant toutes les thématiques pouvant être abordées avec les élèves, afin de faciliter la mise en œuvre de nouveaux projets, en collaboration avec les agents de cet espace naturel protégé.